Collage / G: Le Président Jovenel Moise / D: le photojournaliste Vladjimir Legagneur, porté disparu depuis le 14 mars

Collage / G: Le Président Jovenel Moise / D: le photojournaliste Vladjimir Legagneur, porté disparu depuis le 14 mars

« Le Président de la République, Jovenel Moise, est préoccupé par la disparition du photojournaliste Vladjimir Legagneur », a appris Loop Haïti ce mardi, lors d’un entretien téléphonique avec Lucien Jura, porte-parole du Président. La toute première sortie de la Présidence sur ce dossier, après un long moment de silence qui n’a suscité que grognes, exaspérations et colère.

Sorti le 14 mars pour un reportage à Grand-Ravine, quartier populaire de Port-au-Prince étiqueté « de non droit », le photojournaliste Vladjimir Legagneur n’est pas rentré chez lui, ce, jusqu’à ce 10 avril. Depuis, sa femme n’a eu de ses nouvelles qu’à travers les rumeurs qui circulent autour de son « assassinat » qui se serait produit dans des circonstances pour le moins barbares.

Si la disparation du travailleur de la presse, presque un mois plus tard, reste pour sa famille et ses confrères des médias, un fait indigeste, le silence du président de la République – qui ne rate jamais l’occasionner d’exprimer sa solidarité que ce soit aux victimes d’un accident de bus survenu au Canada ou celles de la crise en Catalogne -, l’a été davantage. Certains ont même pris son chut pour de l’insouciance, d’autres pour une prise de position. Mais le porte-parole du chef de l’État a une explication.

« Il n’y a pas eu de déclaration officielle de la part de la Présidence, mais cela ne traduit pas une forme d’insensibilité. La Présidence ne veut pas interférer dans le travail des institutions compétentes afin de ne pas entraver l’enquête en cours », a-t-il dit, soulignant que le Président s’est fait, d’ailleurs, l’obligation de s’informer de chacune des étapes dans le cadre des démarches devant permettre de faire la lumière sur cette affaire.

« Nous comprenons l’inquiétude et l’angoisse de tous », a poursuivi Jura qui rappelle reconnaitre l’importance de la presse dans la construction de la démocratie et de l’État de droit dans le pays. L’institution veut juste laisser le soin aux enquêteurs de faire leur travail et aller jusqu’à la résolution de cette équation ».

Par ailleurs, dans le cadre des échanges entre le Chef de l’État avec les autorités judiciaires, le président Moise s’est assuré qu’aucun moyen n’a été mis de côté en vue d’élucider l’affaire, a assuré son porte-parole. Des instructions ont même été passées aux organes compétents, a-t-il ajouté.

Jean Léopold Dominique

Le 3 avril 2000, le Journaliste Jean L. Dominique a été assassiné par balles. 18 ans plus tard, le crime reste impuni. D’autres cas de journalistes assassinés – Brignol Lindor, Jacques Roche et maintenant la disparition de Vladjimir Legagneur – restent jusqu’ici non résolus. « C’est effectivement un accroc à la démocratie », reconnait le porte-parole Jura.

« Ce sont des citoyens qui apportent leurs contributions dans un secteur qui apportent beaucoup dans la construction de l’État de droit et de la démocratie dans le pays. » Le Chef de l’État, garant de la bonne marche des institutions, ne peut pas interférer avec les autres pouvoirs ou les passer des ordres. Toutefois, il a la mission de doter les organes compétents des moyens nécessaires pour qu’ils puissent faire leur travail, souligne-t-il.

La Porte-parole de la Présidence salue en passant les quelques avancées dans ces dossiers, notamment grâce aux efforts de la société civile – SOS Journaliste par exemple – en vue de trouver les réponses tant attendues par la population. L’exécutif peut fournir les moyens qu’il faut, « mais il revient aux juges, aux autorités de la justice de prendre leurs responsabilités ».

La Présidence souhaite ardemment, dit Jura, que toute la lumière sera faite autour de ces crimes crapuleux qui traduisent un malaise au niveau du corps social en Haïti et au sein de la presse qui est un secteur vital pour la bonne marche de la démocratie et de l’État de droit dans le pays.

Pour l’instant, les chances de retrouver le journaliste Vladjimir Legagneur vivant s’amenuisent. À côté des rumeurs sur sa « mort », un chapeau déterré (avec des restes humains) sur un terreau à Grand-Ravine a été identifié par sa femme comme étant celui qu’il portait le jour où il est sorti de chez lui. Deux individus ont été arrêtés dans le cadre de l’enquête. La Police annonce que bientôt, une déclaration définitive sera faite sur le dossier.

DEIXE UMA RESPOSTA

Please enter your comment!
Please enter your name here